De retour lundi d'un week-end prolongé chez Fabien et Cyril en “brousse”. Je suis arrivé à Abong Mbang dans
la région de l'Est du Cameroun vendredi après midi après un voyage plutôt inconfortable de quatre heures en minibus. (Mais tout est relatif et là ce n'était tout à fait supportable. Ca n'avait
rien a voir avec un trajet en train de 6 heures, en troisième class, en Inde)
J'étais contente comme une gamine quand j'ai vu Cyril à l'arrivé et euphorique quand Fabien nous a rejoint.
Bon, j'exagère peut être un peu mais depuis que je suis bien heureuse que les gars soient dans le même pays! D'ailleurs ils m'ont demandé de faire passer un message aux collègues codeviens: vous
leur manquez pas du tout, ils sont content que ce soit moi et pas quelqu'un d'autre d'entre vouz qui est ici, et aussi qu'ils vont bien et qu'ils n'ont pas accès à internet ce qui explique le
manque de news de leur part. (la majorité du temps ils sont dans des villages où il n'y a même pas d'electricité alors internet devient compliqué)
Abong Mbang est une petite ville, ou peut-être un grand village, dans l'Est, la région la plus pauvre
du pays. Ca n'a rien à voir avec Yaoundé. Les gens te regardent, certes, et quelques mecs font des petits commentaires mais ne pas la cacaphonie constante. Et le simple fait qu'il y a moins de
gens fait que c'est plus calme. Quand je suis allée à la gare routière de Yaoundé pour prendre le car une dixaine de mecs se sont jetés sur moi dès la déscente du taxi pour me forcer à partir
avec leur compagnie. Ils ont essayé de prendre mon sac pour le mettre dans un car, c'était assez désagréable. En plus ils semblaient s'en foutre de savoir où j'allais! Finalement j'ai réussi à
partir et heureusement je savais déjà avec quelle compagnie je devais voyager et où trouver l'agence. Il n'y avait pas que moi qui me suis fait
embêtée et quand la “concurrence” des clientes devenait trop grande les mecs se sont mis à se battre entre eux. Au retour du voyage lundi pareil. Des
dixaines, ou plus, de mecs qui se jettaient sur le car dans un effort bizarre de convaincre les voyageurs de prendre le taxi avec eux. Tout ça pour dire que ça faisait bien plaisir de quitter la
ville... et moins plaisir de revenir...
Samedi et dimanche on a visité quelques un des villages où travaillent les mecs dans un projet sur
l'eau. Ils font chacun un village tous les deux jours pendant la semaine et reviennent “en ville” où se trouve leur ONG le week-end. Il est presque impossible d'arriver dans les villages en
voiture donc j'ai été obligé à m'habituer aux motos. Et puis je me suis de toute façon dit que si je devais mourir autant le faire sur une moto qui roule légèrement rapidement sur des pistes de
terre pleines de bosses et de trous, le vent dans les cheveux, entourée de fôret tropicale, le soir au couché du soleil avec les bruits des oiseaux et avec un petit Cyril ou Fabien derrière soit
qui te raconte des conneries! Il y a pire façons de mourir. Une fois que j'ai accepté ça c'était plutôt génial. Et puis les “mototaximan” gérent plutôt bien.
L'acceuil dans les villages était super. Et j'ai compris que si Fabien et Cyril passent leur temps de
travail à boir (j'exagère!) ce n'est pas entièrement de leur faute! Dans chaque village on sort un litre (au moins...) de Macabo, vin de palme, alias Mariée blanche, et puis un litre (au
moins...) d'alcool de palme, alias Mariée claire / tidjan-tidjan / Rha! Mariée blanche et claire vient du fait qu'un homme célibataire peut bien dormir et oublier qu'il n'a pas de compagnie après
avoir bu une bonne quantitié de ces boissons, et surtout le dernier qui est souvent fort comme de la vodka ou plus. Le mot tidjan-tidjan qui est le nom en Makak (l'éthnie de la région et la
langue qu'on y parle) et vient du fait qu'après avoir bu l'alcool de palme les gens disent n'importe quoi, apparemment ici ça revient à “tidjan-tidjan”... Dans la même logique, le nom Rha! qui
est utilisé aussi dans d'autres régions vient tout bêtement du bruit que les gens font quand ils goutent l'alcool.
Il n'y a pas de tabou pour les femmes de boire ici. A un moment j'aurait préféré qu'il y en aille!
Assient chez le chef du village le gros bidon de vin est suivi par un demi ou un litre de tidjan tidjan, et puis encore une bouteille.. parce que quelqu'un d'autre veut offrir un coup aux
visiteurs. Et puisque c'est offert, par des personnes très pauvres qui cotisent parfois pour payer un verre aux visiteurs(bon, des verres)... c'est difficile de refuser. Personnellement le vin de
palme n'est pas trop my cup of tea, c'est assez amère parce que ça fertilise et du coup ça me fait penser au goût qu'à du jus d'orange quand il est vieux. Par contre le “vodka de palme” est
plutôt bon mais vu le taux d'alcool il faut éviter de trop en boir... Et les verres ne sont pas petits... En même temps peu importe puisqu'il faut finir la bouteille à un moment où un autre...
Dans un village on nous a servi du gin qui avait un gout d'alcool médical selon Fabien, je trouvais qu'il avait un gout de gin (je n'aime pas le gin). Bref, je ne sais pas comment j'aurais
survécu un stage en brousse si on me donnait de l'alcool tout le temps! En même temps je ne sais pas si c'est toujours pareil ou si c'est parce qu'ils connaissent déjà Fabien et Cyril et savent
qu'ils aiment le vin... D'ailleurs, quand on passe en moto devant les villages tout le monde nous regarde bien sur mais au lieu de crier “tang! tang” (blanc! blanc!) ils crient “Tidjan tidjan”!..
Je ne rigole pas... Enfin si, j'ai bien rigolé parce que c'est vrai, dans tous les villages...D'ailleurs je pense qu'à partir de maintenant il faudra appeler Cyril Tidjan et Fabien
Tidjan...
Bon en dehors de l'alcool on est allé dans plusieurs villages, où on a rencontré des chefs de
villages, des hommes, des femmes et des enfants tous super sympa, on est allée nous promener un peu dans la fôret, on a presque fait un tour en pirogue sur un lac mais malheureusement les
pirogues faisait entrer un peu trop d'eau (Cyril en peurait presque), on a vu des champs pluriculturels (avec plusieurs plantes, pas avec plusieurs cultures). Pratiquement toutes les maisons sont
en terre cuite. En bref, ça n'a absoulment très peu de choses à voir avec Yaoundé. En bref, c'était formidable.
Le vendredi soir Fabien nous a fait une pizza sur le foyer de bois! Il avait acheté une pierre de
cuisson et tout... Ce n'était pas tout à fait facile mais après un premier essai le résultat n'était pas mal du tout. Malgré le fait qu'il est impossible de trouver du fromage ici. Le seul
fromage qu'on peut acheter est la Vachequirie, du “Président fondant”, du “Welcome” et pleins d'autres copies de la Vache. On a conclu que ce ne serrait peut-être pas top sur une pizza... Je n'ai
mangé ni vipère, ni “hérisson” (qui n'est pas vraiment un hérisson), ni singe ou gorille (apparemment les yeux de gorille se mangent et c'est une “délicatesse”... Fabien et Cyril n'en mange bien
sur pas, c'est un animal protégé et en plus ça ressemble un peu à un homme...)... En parlant de “hérisson”
Là je suis de retour en ville. Ce qui, comme je l'ai déjà dit, me fait moyennement plaisir. Après un
week-end de vacance, un des premiers week-end où je n'ai pas du tout bossé, et après avoir vu tout le boulot que fait Fabien et Cyril sur les villages, et qui semble absolument plus réussi que le
mien, ce qui doit certainement être un constat plutôt subjectif mais subjectivement je pense quand même que c'est vrai. Et bien, je reviens à la réalité... Mais ce weekend m'a surement fait
beaucoup de bien et peut-être que je vais pouvoir avancer tranquillement maintenant.
Et de mon weekend il me reste que les photos et les picures de moustique / fourmis qui grattent
énormément... Mais je ne désespère pas, les garçons vont venir à Yaoundé très bientôt et d'ailleurs je vais aller à Douala (capitale économique) dimanche pour visiter la ville et l'antenne qu'a
REPRODIJ là-bas.